Diplômé en génie civil, section électricité, option énergétique, en 1985 de l'Ecole supérieure d'ingénieurs de Beyrouth (ESIB), Jihad Abi Saleh est aujourd’hui Président de MidEast Data Systems (MDS Qatar) et l’un des piliers du Midis Group dans la région.
Tiré de la revue annuelle l’eXcellence de l’ESIB
Il y a des parcours qui ne naissent pas dans le confort
Il y a des réussites qui ne se racontent pas en chiffres ni en titres, mais en constance.
Des trajectoires qui avancent sans précipitation, portées par une formation solide, des choix assumés et une fidélité rare à certaines valeurs.
La réussite de Jihad Abi Saleh s’inscrit dans ce temps long. Un temps où l’on construit, où l’on apprend, où l’on bâtit sans jamais céder à la facilité.
Quand il arrive au Qatar en 1987, il ne rejoint ni un système achevé ni un cadre confortable. Il arrive sur un terrain encore à bâtir. Ingénieur libanais, formé dans un pays marqué par la guerre, il avance avec une certitude simple : rien de durable ne se construit sans fondations solides.
Diplômé en génie électrique en 1985 de l’ESIB, il est aujourd’hui Président de MidEast Data Systems (MDS Qatar) et l’un des piliers du Midis Group dans la région. Il est également à l’origine de la création et du développement du groupe East Gulf, qu’il a structuré et fait croître jusqu’à regrouper neuf entités actives au Qatar. Une réussite construite dans le temps, à la croisée de l’ingénierie, de la technologie et du leadership.
Mais cette trajectoire commence bien avant les titres.
1985 : se former dans l’instabilité
Jihad Abi Saleh est diplômé de l’ESIB, promotion 1985. Il y accède après un concours d’entrée particulièrement sélectif, où il se classe parmi les premiers sur près de quatre mille candidats.
À cette époque, le Liban est marqué par la guerre et l’instabilité. Étudier n’y est pas un confort. Certains cours sont suivis à Huvelin. Rien n’est fluide, rien n’est acquis.
La formation, pourtant, reste intacte. Exigeante. Rigoureuse. Cartésienne.
Elle ne prépare pas seulement à un métier, mais à une manière de penser, de raisonner et de décider. Une formation qui, selon lui, forme pour la vie.
À une époque où beaucoup choisissent le business, M. Abi Saleh opte pour l’ingénierie. Il y voit la formation la plus complète possible, celle qui permettrait plus tard d’accéder à tous les domaines sans jamais perdre la rigueur.
Avec le recul, il considère que son parcours à l’ESIB a quelque chose de profondément particulier. Étudier dans un contexte aussi instable, tout en recevant une formation aussi rigoureuse, a marqué durablement sa manière de penser et de travailler. Il estime que l’ESIB excelle dans ce qu’elle fait : former des ingénieurs solides, astucieux et capables de faire face à la complexité du réel. Aujourd’hui encore, il se dit fier d’être ESIBien, convaincu que cette formation a posé les fondations de tout ce qui a suivi.
Former des ingénieurs debout
Être ingénieur, pour lui, n’a jamais été une simple spécialisation technique.
C’est être un homme de science capable de se débrouiller dans toutes les difficultés. Savoir penser, analyser, gérer, anticiper. Être visionnaire tout en restant ancré dans le réel.
La formation reçue à l’ESIB lui apporte une rigueur intellectuelle, une méthode de travail et une discipline qui l’accompagnent tout au long de sa carrière. Grâce à cette base, il aborde naturellement la gestion, les affaires et le droit, non par rupture, mais par continuité.
Il parle d’ingénieurs debout, solides, capables de se débrouiller partout, quels que soient le contexte et le pays.
Rester, puis partir
Une fois ses études achevées, il n’envisage pas de quitter le Liban.
Il commence sa carrière comme enseignant à la Sagesse Technique, formant des techniciens supérieurs. Il rejoint ensuite Butec Engineering, où il affine son expertise sur le terrain.
Puis vient 1987. Le Qatar.
Un marché en pleine croissance, des besoins concrets, une opportunité réelle. Il rejoint alors le groupe MDS, devenu aujourd’hui le groupe Midis. Ce moment marque un tournant décisif. Depuis, il y est resté, contribuant au développement des activités IT et des data centers et à la structuration d’organisations technologiques durables.
Bâtir une réussite professionnelle au Qatar
Arriver au Qatar en tant que jeune ingénieur résident a constitué un véritable tournant. Être sur le terrain, comprendre les besoins d’un marché en pleine expansion et saisir l’opportunité de créer une structure nouvelle ont profondément modifié sa trajectoire. C’est dans ce contexte que le groupe East Gulf a vu le jour. Aujourd’hui, le groupe est reconnu comme un acteur majeur des infrastructures de data centers et des solutions UPS au Qatar, avec une expertise autour de technologies telles que SDMO et Vertiv.
Ce qui n’était au départ qu’une seule activité s’est progressivement développé pour devenir un groupe structuré, regroupant aujourd’hui neuf entités actives au Qatar. Sous la direction de M. Abi Saleh, ces entités interviennent dans des secteurs stratégiques liés aux infrastructures technologiques critiques.
Président d’East Gulf Qatar, Président de MidEast Data Systems (MDS Qatar) et Chief Executive Officer de i4 Solutions WLL, il joue un rôle central dans le développement de solutions IT, d’infrastructures de data centers, de systèmes « site and power » et de projets de transformation digitale.
Avec plus de deux cents ingénieurs, techniciens et spécialistes, les équipes répondent aux besoins de nombreux secteurs. Ce succès ne se mesure pas uniquement à la croissance ou au nombre d’entités, mais aussi aux équipes formées, aux talents développés et aux emplois créés. Une réussite construite dans la durée, portée par la rigueur, la vision et le leadership.
Le succès, sans illusion
Pour lui, le succès n’est jamais un récit romancé.
Il repose sur des facteurs extérieurs et intérieurs.
D’abord, les facteurs extérieurs : le bon moment, le bon endroit, le marché, les opportunités. Des éléments que l’on ne maîtrise pas totalement.
Ensuite, les facteurs personnels : le travail, la discipline et la persévérance.
La motivation, dit-il, est souvent une histoire que l’on se raconte une fois arrivé au but. Ce qui permet réellement d’avancer, c’est la constance. La capacité à tenir dans la durée.
Il se considère chanceux d’avoir eu des opportunités, mais insiste surtout sur sa capacité à les saisir.
Décider et regarder plus large
Dans une carrière de dirigeant, toutes les décisions ne mènent pas au succès immédiat.
Sur dix projets, huit aboutissent, deux non. Ce n’est pas un échec, mais un ajustement. L’essentiel est de toujours regarder l’ensemble du parcours, the « bigger picture ».
Cette approche rationnelle reflète une pensée profondément marquée par l’ingénierie et son parcours à l’ESIB.
Une nouvelle ère technologique
Ayant connu les grandes évolutions du hardware et du software, il voit dans l’intelligence artificielle un changement radical. Le début d’une nouvelle ère, comparable aux grandes ruptures de l’histoire humaine.
Des métiers disparaîtront, d’autres émergeront. Les travaux aliénants reculeront. Les opportunités technologiques se multiplieront. Aucun domaine n’est épargné : éducation, médecine, sécurité, hôtellerie, industrie.
Les risques existent, mais les bénéfices, selon lui, dépassent largement les aspects négatifs.
Un message aux étudiants, et au Liban
Aux étudiants, Jihad Abi Saleh adresse un message simple et exigeant. Il les invite à travailler avec sérieux, à chercher à comprendre en profondeur et à ne jamais se contenter de la moyenne. Tout ce qui est appris servira un jour, parfois de manière inattendue. Être ingénieur ne se résume pas à obtenir un diplôme, mais à développer une rigueur, une discipline et une capacité d’analyse qui accompagneront toute une vie. Si l’on peut être bon, il faut viser l’excellence. Être extraordinaire n’est pas un luxe, c’est une responsabilité.
Au Liban, il porte un regard lucide et profondément attaché. Il a beaucoup voyagé, il a vu et revu les quatre coins du monde. Et pourtant, sa conviction reste intacte. Le Liban est un pays unique. Peut-être dépourvu de pétrole, d’or ou de ressources naturelles majeures, mais doté d’une richesse bien plus précieuse. Une culture qui vaut de l’or, riche de saveurs, de profondeur et de diversité. Un peuple porteur de valeurs et une diaspora incomparable.
Depuis près de quarante ans, il choisit de passer toutes ses vacances au Liban, entouré de sa famille, de ses enfants et de ses petits-enfants. Malgré une carrière construite à l’étranger, il maintient un lien constant et fidèle avec son pays. Pour lui, appartenir au Liban ne se mesure pas à une adresse, mais à une fidélité dans le temps et à une volonté continue de donner en retour.
Une success story n’est pas un moment
C’est une construction patiente.
Une formation qui dure toute une vie.
Et la capacité, malgré les contextes, de transformer la rigueur en impact durable.
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